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La sprezzatura, la base de l’élégance à l’italienne

Publié le : 17/01/2017 10:43:59
Catégories : Style Rss feed

Pitti Uomo - Noyau de la sprezzatura

Source de l’image : http://www.maisacontece.com.br/coluna/000817/com-voces-sprezzatura

Dans la bouche de tous les élégants, le mot « sprezzatura » est aussi insaisissable qu’énigmatique. Il a trait à la nonchalance napolitaine, à ces Italiens qui sont capables de porter des mocassins sans chaussettes ou une chemise à moitié boutonnée en plein été, tout simplement parce qu’il fait chaud.                

La sprezzatura est le Graal des hommes qui prennent soin de leur tenue. Malheureusement, ces derniers mettent plus de temps à contrefaire leur apparence négligée qu’ils en passeraient à avoir une tenue parfaite. Voici les secrets de l’élégance à l’italienne.

Aux origines de la nonchalance maîtrisée

Le terme a été utilisé pour la première fois par Baldassarre Castiglione, dans un ouvrage intitulé « Le Livre du Courtisan » qui date de 1528 : « […] une sorte de nonchalance, qui permet de cacher l’artifice qui entoure nos actes, afin de faire comme s’ils avaient été accomplis de manière naturelle, sans effort et sans y penser ».

La sprezzatura consiste à avoir l’air négligé. Attention le terme « avoir l’air » a toute son importance. Il s’agit de contourner volontairement quelques un des codes de l’élégance afin d’éviter d’avoir une tenue trop parfaite, ce qui ferait artificiel. Vous l’aurez compris, nous sommes aux antipodes du style britannique.

Négligence et sprezzatura : une ligne à ne pas franchir

Cette question est assez compliquée à trancher, car il faut savoir s’affranchir des bons codes. Si la bienséance commande de fermer sa braguette et que vous décidez de passer outre pour vous démarquer de vos voisins, évidemment, vous aurez l’air stupide. De même si vous portez une ceinture sur votre gilet. C’est une faute de goût.

La règle dit qu’avec un costume bleu, on choisit une pochette blanche. Vous pouvez très bien en choisir une d’une autre couleur, si l’ensemble va bien. Vous pouvez aussi laisser apparaître le bas de votre cravate si elle est plus longue que votre gilet. Cela relève de la sprezzatura. C’est un peu négligé, mais subtil.

Lino Lenuzzi (2ème depuis la droite) lors du salon Pitti Uomo 91 à Florence

Lino Leluzzi (second depuis la droite) - Icône de la Sprezzatura lors du salon Pitti Uomo 91 à Florence en Janvier 2017

À la rencontre de Lino Ieluzzi, l’ambassadeur mondial de la sprezzatura

Les élégants friands des réseaux sociaux connaissent sans doute ce sémillant petit Italien au teint buriné qui ne porte que des costumes croisés aux couleurs improbables. Il est le propriétaire de la boutique « Al Bazar de Lino » à Milan.

Il a l'habitude de porter ses double monks avec la première boucle (celle qui est proche de la cheville) ouverte. À l’origine, c’était une question de confort. À l’heure actuelle, énormément de gens se sont approprié cette entorse au code et tout le monde lui prête l’origine de cette tendance.

Quelques tendances « sprezzaturistes » des élégants du monde entier

Certains Coréens aiment porter une cravate démesurément longue dont le petit pan arrive presque à l’entrejambe. Dans un registre plus subtil, certains aiment porter leur gilet avec le premier bouton ouvert, en plus du dernier.

Une autre tendance, un peu tombée en désuétude ces derniers temps, mais qui reviendra sûrement, est de porter une chemise avec un col boutonnée (et une cravate) dont l’une des pointes serait déboutonnée. 

Damien Rothen

par Damien Rothen, fondateur de Gentilhomme.ch

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